Archive | novembre, 2013

…et bêtement, je me suis excusée.

26 Nov

Je suis tombée sur l’article de Cranemou qui faisait référence à l’article de Marie-Hélène Lahaye qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux ces derniers temps.
Je n’avais pas encore eu l’occasion (l’envie aussi peut-être) de le lire parce que j’aime bien faire l’autruche jusqu’à ce qu’un jour, je sorte la tête de mon trou et qu’enfin, je m’informe.
Sur MagicMaman, ils ont également publié des témoignages de suivis gynécologiques vécus comme de la violence morale.

Alors j’arrive un peu après la tempête, j’en suis bien consciente mais je me dis qu’un rappel est toujours le bienvenu.

Alors que je lisais l’expérience de Cranemou, je me suis souvenue de ce que j’ai dit à tous après mon accouchement « non l’accouchement s’est bien passé, c’était long, mais dans l’ensemble ça s’est bien passé« . Et de fait, mon accouchement n’a pas été aussi terrible ni aussi humiliant et frustrant que celui de Cranemou. Je me suis donc toujours demandée si j’avais le droit de m’en plaindre en sachant que d’autres se passaient beaucoup plus mal que le mien.
J’en suis finalement arrivée à un stade où selon moi, ça pourrait toujours être pire et je pars du principe où si ni mon enfant ni moi ne sommes morts finalement, c’est que ça s’est bien passé.

Après en avoir également discuté avec ma sophrologue qui fait ma préparation à la naissance pour ma deuxième, je me suis rendue compte que finalement cet accouchement aurait pu nettement mieux se passer avec un peu de patience et moins de surmédicalisation. Je tiens quand même à dire que malgré tout ce que je vais raconter, il y a eu deux personnes qui ont été humaines et m’ont traitée comme une personne et non pas comme un sac : la gynécologue de garde et une des sages-femmes le soir de mon arrivée qui est malheureusement partie au matin. Bon, c’est long, j’ai pas réussi à synthétiser…

Tout d’abord revenons à mes 6 mois de grossesse, il y a 4 ans.
Cette fois-là, nous nous sommes rendus à l’hôpital où je devais accoucher, pour une réunion d’informations sur le déroulement et tout le processus de l’accouchement, cette réunion devait également nous permettre de poser toutes les questions auxquelles nous ne trouvions pas de réponse.
C’est un hôpital qui a le label « ami des bébés« , ce label je sais ce qu’il signifie en théorie (aide à l’allaitement maternel, peau à peau privilégié, pas ou peu d’épisiotomies, respect de la position) mais je ne sais pas ce qu’il signifie en pratique. Je n’ai jamais entendu aucune différence avec un autre hôpital dans les témoignages que j’ai pu entendre jusqu’ici.
Pendant cette réunion, on nous a diffusé un film, plus parlant sans doute qu’une infirmière ou une sage-femme qui relate ses expériences. Seulement, ils n’avaient plus qu’une cassette, l’autre ayant été perdue : celle des accouchements dits « difficiles » (accouchement en siège, césarienne, cordon bloqué autour du coup, manipulation de forceps, etc). L’infirmière à la fin nous a lancé « bien sûr il n’est pas dit que vos accouchements soient aussi difficiles que ceux-ci !« .

Toutes les futures mamans présentes dans la salle se sont regardées dans un silence de mort. Nous étions toutes à 6 mois de grossesse, c’était trop tard pour rebrousser chemin, c’est vers ça que nous nous dirigions, vers toute cette douleur et cette peine.

Voilà comment j’ai inconsciemment envisagé mon accouchement pendant les 3 derniers mois restants.

Le jour J-1, mon fils avait 5 jours de retard, autant dire que malgré le stress j’étais hyper pressée qu’il sorte. Hâte d’enfin le rencontrer et de le tenir dans mes bras ! Et puis un soir, j’ai senti un écoulement…Je n’étais pas sûre que ce soit la poche qui s’était rompue, ça me paraissait bien peu comparé aux chutes du Niagara qu’on m’avait décrites ! Il était 19h, j’ai appelé la maternité pour savoir ce que je devais faire.
Une sage-femme m’a dit de venir vérifier quand même et m’a demandé de mettre une serviette. A priori rien d’urgent, même si c’est le liquide amniotique, j’ai 1h pour arriver et me rendre à  l’hôpital qui est à 20 min à pieds de chez moi. J’appelle mon mari qui me rejoint et nous partons tous les deux.

Arrivés sur place, on me demande de donner ma serviette hygiénique pour savoir si c’est bien du liquide amniotique que je perds. Ils veulent l’analyser directement sur la serviette. Ok, moi j’y connais rien, je m’exécute. On me dit que si ce n’est pas ça, je devrais rentrer chez moi.

On me dit d’aller marcher dans les couloirs pour accélérer le travail. J’arpente le seul couloir en écoutant les femmes hurler, en allant voir la salle d’opération pour les césariennes qui est ouverte. Bon mood, quoi.
Une heure plus tard, ça ne va pas avec la serviette, il y a trop de produits chimiques dessus et ils ne sont pas sûrs que ce soit bien du liquide amniotique. Ils me demandent ce que ça pourrait être d’autre…euh…bah je ne sais pas je ne me suis pas mis de bouteille d’eau dans le vagin non plus, donc à part ça je ne vois pas. J’ai l’impression qu’on me prend un peu pour une conne. On me dit que mon col est à peine à 1. J’explique que j’ai des contractions depuis deux semaines toutes les 20-30 minutes mais qui sont apparemment inefficaces.

Après un frottis fait avec toute la bonne volonté du monde, ils décident de me mettre sous monitoring le temps de recevoir les résultats. Je n’en décollerais que le lendemain.

Le verdict tombe : c’est bien du liquide amniotique, la poche s’est juste fissurée, il va falloir attendre pour voir ce qu’il va se passer maintenant.

On me place dans une salle d’accouchement, mon mari sur un siège. Il doit être 22h et quelques. On m’explique : Si la poche ne s’est pas rompue cette nuit et si les contractions n’ont toujours aucun effet, dans 12h donc vers 10h du matin, on me ferait une perfusion d’ocytocine pour accélérer le travail.
Ok. Je comprends. En attendant, on me colle sous antibios sous perfusion et mon ami le monitoring refait surface.
Je le garderai jusqu’au lendemain avec le coeur, les mouvements de mon bébé et les alarmes quand on le perd en Dolby Surround THX qui m’empêchera bien évidemment de fermer l’oeil de toute la nuit.

A 8h du matin, je suis épuisée, je n’ai pas dormi du tout, on me demande pourquoi je ne me repose pas en plaisantant sur le fait que ce n’est pas après que je pourrai me reposer. Docile, je souris entre deux contractions.
On m’autorise enfin à me lever avec ma perf et à prendre un petit déjeuner, on me dit que ce sera probablement la dernière fois que je mange et que je bois et que je dois en profiter. Ca sonne comme le dernier repas d’une condamnée. J’aurais préféré autre chose que de la bouffe d’hôpital comme dernier repas mais j’ai tellement faim depuis la veille que tant pis, je mange.

Mon répit durera 2h, je rebondis sur la balle, je plaisante avec mon mari, j’ai de plus en plus de contractions mais quand une autre sage-femme vient vérifier mon col, il n’a bougé que d’1cm. Je désespère. Elle me dit que je vais avoir droit à ma perfusion d’ocytocine.

Je ne sais pas si je dois être joie ou m’inquiéter. On m’a déjà dit que ça rendait un accouchement plus douloureux. Je comprends bien aussi avec leurs sous-entendus que je prends la place de quelqu’un d’autre à squatter là depuis la veille et qu’il faudrait peut-être que ce bébé sorte un jour, que ce serait mieux si c’était aujourd’hui…

Moi aussi, je veux qu’il sorte. Et je n’y connais rien, alors je laisse faire…

Je ne peux plus sortir de mon lit une fois les perfusions faites, on me colle de nouveau sous monitoring. Je demande à baisser le son, mais dès qu’on perd le signal, une nouvelle infirmière revient et le remonte parce qu’ils doivent l’entendre de dehors. Je ne dis rien. C’est pour la sécurité de mon bébé, je crois.

A 3cm, on me demande si je veux une péridurale. Les contractions commencent à être vraiment fortes et je suis tellement fatiguée que j’accepte, je me dis qu’un peu de répit ne me fera pas de mal…alors que je comptais faire sans au départ.
L’anesthésiste arrive visiblement entre deux opérations, pressé et de mauvais poil, il me demande de faire le dos rond, je n’y arrive pas parce que j’ai une contraction pile à ce moment-là. Il s’impatiente et me dit qu’il était en salle d’opération, qu’il ne peut pas rester longtemps et me pique pendant la contraction. Je sursaute, il m’explique brièvement comment je dois me servir de la pompe et s’en va aussi rapidement qu’il est arrivé. La pompe, comme bouée de secours dégonflée, restera collée à mon pouce jusqu’à la fin.

Le répit dure une demi-heure. Pendant une demi-heure, je sens un soulagement dans mes reins. Enfin ! Ca ne me pèse plus !
Et puis insidieusement, ça recommence. Les douleurs reviennent petit à petit, j’ai mal de plus en plus régulièrement, je demande à une sage-femme si c’est normal d’avoir mal quand même malgré la péridurale, elle me dit que non et me demande si elle doit rappeler l’anesthésiste…ce à quoi je ne sais pas trop quoi lui répondre. Je lui dis que si ça ne la dérange pas, je préfèrerais. Je m’envoie des doses de cheval inutiles avec la pompe. Une autre sage-femme vient me voir et regarde mon col, il est à 5cm. On n’y est pas encore.

Je me rappelle de ce que ma sage-femme m’avait dit : 1cm par heure en temps normal. Il me reste donc encore 5h à tenir ! Il est 17h…je suis éreintée, fatiguée, je n’en peux plus ! Mon mari me masse le dos pour essayer de me détendre, il voit alors que mon dos est recouvert de plaques mais s’abstient de m’en faire part pour ne pas me rajouter encore plus de stress. Je fais donc en plus une allergie à la péridurale. Formidable.

Je suis coincée sur le côté, je n’arrive plus à bouger, personne ne vient me voir pendant au moins 3h. Je pleure de douleur. L’anesthésiste revient et me remet une dose qui n’a pas plus d’effets que la première. Il ne dit rien et s’en va.

Je ne fais que pleurer et me crisper, les douleurs sont insupportables, je n’imaginais pas que ce soit si douloureux ! Pourquoi la péri ne fonctionne pas ? Pourquoi j’ai si mal ? C’est de ma faute c’est ça ? C’est à cause de mes contractions qu’il a foiré son coup ? Je n’ai pas été suffisamment obéissante et je suis punie ?

La gynécologue de garde vient enfin me voir et me dit qu’elle sait que ça fait des heures que je suis là, qu’elle sait que c’est dur. Je lui demande une césarienne tellement je suis fatiguée, je ne me rends plus compte de rien, je veux juste que ça s’arrête, elle me dit que non, qu’il sortira mais que je dois être encore patiente. Que je suis bien courageuse ! Qu’est-ce que j’en ai à faire du courage ? Qu’est-ce que ça peut lui faire à mon gamin que je sois courageuse ? T’es gentille mais c’est pas ça qui va le faire sortir !

L’anesthésiste revient, il me refait un troisième boost de péridurale qui n’a toujours aucun effet. Bizarrement il est beaucoup moins sûr de lui que tout à l’heure et il me dit même dans un souffle « je suis vraiment désolé, Madame« .

On me laisse là dans ma douleur et on laisse mon mari dans son impuissance. Il ne sait plus quoi faire pour m’aider. Une sage-femme entre dans la salle pour y prendre quelque chose et me dit que ça ne devrait normalement plus tarder maintenant…
Je hurle, je me crispe sous une contraction beaucoup plus forte que les autres. Elle me regarde avec des yeux ronds comme si c’était nouveau alors que ça fait plus de 24h que je douille comme une malade.

Elle s’approche de moi et me dit « euh…je vais quand même regarder où vous en êtes !« . Pour la 148è fois depuis 24h, on consulte mon utérus comme une boule de cristal et d’un coup c’est le bouleversement « Madame, on voit la tête, il arrive !« . Branle-bas de combat ! Tout le monde au poste, d’un coup je me retrouve entourée par au moins 8 personnes.

Mais depuis combien de temps il est là ???

Elle me dit « Ecartez les jambes, mettez les sur les étriers !« . Impossible.  Je viens de me rendre compte dans l’affolement qu’aucune de mes jambes ne répond plus. Je panique « je ne peux plus bouger mes jambes !« , elles sont toutes les deux paralysées par la péridurale ! On me les soulève comme des morceaux de viande. Génial, en plus je ne peux même pas me mettre dans la position que je veux. En mode éléphante couchée sur le dos. Les 2 fers arrière qui ne répondent plus, la peur dans le regard, le monitoring sur le ventre, on me dit que mon fils est en souffrance, qu’il doit sortir.

Ah bon ? je n’avais pas remarqué !

On me dit de pousser. Je me souviens que ma sage-femme m’avait dit de pousser pendant une contraction pour plus d’efficacité. Je dis que je n’en ai pas, je ne sais plus comment je dois faire pour pousser ! Les sage-femmes s’impatientent et me donnent l’injonction de pousser

Une contraction vient tout de suite après, je pousse mais je ne sens rien de ce que je suis en train de faire. Il n’y a pas que mes jambes qui sont bloquées, j’ai l’impression que toute la zone périnéale l’est aussi. Je dis que je ne sais pas si je pousse ou pas, on me dit que si, que je dois continuer comme ça. Je dis que j’ai une contraction qui arrive, une sage-femme regarde le monito et me dit que non, elle n’en voit pas, je lui soutiens que si, que je sais quand même ce que je sens quand ça me fait mal  (la seule parole sensée que j’ai eu pendant tout l’accouchement) et que je m’en fous, je pousse. On me dit que sa tête a du mal à passer, qu’il fait des va-et-vient, qu’il faut couper pour le laisser passer.

Je me souviens alors de cette réunion à 6 mois de grossesse où ils nous avaient dit qu’ils préféraient ne pas couper et laisser l’incision se faire d’elle-même, naturellement, si incision il doit y avoir. Cette sage-femme là n’a pas dû y assister vraisemblablement. Heureusement, je ne sens rien (je le sentirai après), je dis que je dois pousser encore, cette fois on m’écoute, la troisième poussée est la bonne, il sort d’un seul coup comme une anguille glissante, je l’entends à peine gémir, un petit son, on me le met directement sur moi. Mon mari qui voulait couper le cordon n’a pas le temps ni l’occasion, on ne lui demande rien, on le fait à sa place.

Je le sers, il est là dans mes bras, je regarde l’heure, il est né à 21h45. Soit 25h après mon arrivée à la maternité. Je l’aime déjà tellement. Et j’oublie tout. Tout ce qui s’est passé avant. J’oublie.

Une sage-femme me recoud pendant ce temps. La gynéco de garde qui était restée là me dit « vous voyez, ça a été long, mais ça s’est bien passé« . Ce sont sans doute ses mots à elle que j’ai repris par la suite.

2h plus tard, après avoir cajolé notre bébé, lui avoir donné le sein et l’avoir détaillé dans son ensemble, on me demande de changer de lit. La péridurale fait toujours effet sur mes jambes et elle fera effet encore jusqu’au lendemain, ce qui m’empêchera de me lever pour faire quoi que ce soit. J’ai du mal à me mettre dans mon nouveau lit, celui qui a des barrières  et qui m’emmènera vers la prison qui sera mon nouveau chez-moi pendant 4 jours : la maternité.

Cette même maternité où on me laissera dans le noir dès mon arrivée pendant des heures, d’où on renverra mon mari chez nous manu militari à peine installés dans la chambre, où personne ne m’a jamais soutenue malgré un démarrage d’allaitement difficile à part me filer des sachets de tisane au fenouil et me prêter un tire-lait, où on appuyait sur mes seins douloureusement pour faire sortir le lait, où le personnel se fichait de savoir si les 20 personnes présentes toute la journée qui venaient voir ma voisine me dérangeaient ou pas alors qu’à cette même réunion des 6 mois de grossesse on nous avait assuré que ça n’arriverait pas, où les enfants de la dite voisine ouvraient mes rideaux de séparation pour voir « ce que faisait la dame » alors que je tirais mon lait, où j’ai erré dans les couloirs vides la nuit après avoir appuyé sur tous les boutons à ma disposition et avoir appelé tous les numéros que j’avais avec mon môme hurlant de faim parce que mon sein ne lui suffisait pas et que personne…PERSONNE ne m’a apporté de quoi le sustenter pendant 1h ou n’est venu pour me rassurer, oui cette même maternité où on me demandait pourquoi je pleurais tout le temps, où on m’interdisait de rentrer chez moi parce que je n’avais toujours pas eu ma montée de lait, où je n’ai jamais vu la même personne deux fois, où le label « ami des bébés » n’était définitivement pas le label « ami des mamans ».

Quand je me suis hissée sur l’autre lit après mon accouchement, c’est en voyant tout le sang qui avait tâché le lit, ce sang qui était le mien qu’on avait fait couler en me charcutant le vagin, que j’ai dit « Oh mais j’ai perdu vachement de sang, j’ai sali tout le lit !« .

Et bêtement, par réflexe sans doute, je me suis excusée.

Arrêter de vivre pour donner la vie, ou comment la médecine te rend parano.

24 Nov

Pendant ma première grossesse, j’avais déjà remarqué que le protocole médical n’était pas le même entre la Belgique et la France.

Je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer un gynécologue en France pendant celle-ci mais en discutant avec mes copines déjà mamans ou futures mamans qui y vivent, j’avais l’impression que d’une frontière à l’autre, il y avait quand même quelques différences entre les deux pays.

1. Toxoplasmose et listériose, France-Belgique, même combat

Je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose. J’étais même tellement pas immunisée que quand on m’en a parlé pour la première fois, j’ai confondu avec la myxomatose et je m’imaginais que mon bébé allait naître avec des yeux rouges et le lanugo blanc.

Bon bah voilà, ça fait déjà deux dents en moins à sortir.

Je ne l’étais pas pour le premier, je ne le suis toujours pas pour la deuxième. Et pourtant c’est pas faute d’avoir été griffée maintes fois par mes chats jusqu’au sang, chats qui sortaient vagabonder la nuit et qui me ramenaient des trucs sympas à manger le matin sous ma fenêtre, donc potentiellement porteurs.

J’ai mangé de la salade dans à peu près tous les endroits possibles et imaginables. Je me souviens même en avoir mangé là où j’ai bossé peu de temps après et découvrais du coup qu’elle était à peine passée sous l’eau, et avais rougi de honte le jour où un client avait trouvé un ver dedans.

J’ai bouffé de la viande crue toute mon enfance, vu que ma mère était une grande fanatique du steack tartare.
Donc oui j’aurais déjà dû l’attraper depuis longtemps et pourtant…
Je suis donc obligée de me faire faire une prise de sang tous les mois pour ça.

La listériose, on ne m’en a pas parlé plus que ça ici, on m’a juste dit de faire gaffe à tout ce qui n’était pas pasteurisé donc éviter les fromages au lait cru mais je viens d’apprendre par exemple dans cet article que tous les poissons fumés nous sont interdits. Ca fait juste 6 mois que j’en mange régulièrement mais bon…Je ne sais pas si en France, on a d’office une liste longue comme tes intestins d’aliments interdits mais pour le coup, en Belgique, je n’ai jamais eu plus de précautions à prendre que cela ou en tout cas pas via mes médecins.

2. Le CMV (le CytoMégaloVirus) qui croit qu’il a le swag, genre

Ah ! Première différence notable. En France, quand j’en ai parlé à mes amies, aucune n’avait jamais entendu parler de ce truc chelou. Quand je demandais, naïve et innocente « et tu es immunisée contre le CMV ? » on me regardait avec des yeux de merlan frit ne sachant pas si j’avais inventé ce truc pour illustrer la paranoïa ambiante autour des risques de la grossesse ou si ça existait vraiment.

En gros quand on te parle du CMV, ça a l’air d’être le pire  truc du monde pour une femme enceinte, mais un peu comme la toxo en fait, ou comme la listériose, ou comme si on t’injectait un produit toxique directement dans l’utérus…

La toute première recommandation que j’ai eu via mon médecin généraliste pour ma première grossesse, c’était « ne vous approchez pas des enfants malades« , le principal vecteur, apparemment.

En gros, chez un enfant, le CMV passe très souvent pour un rhume, donc complètement inaperçu.
Pour un adulte, c’est légèrement différent puisque en gros, tu penses que tu vas mourir pendant des mois tellement ta tête est tournée vers ton postérieur en permanence.
Et évidemment pour une femme enceinte, ça apporte des trucs vachement chouettes pour le foetus, du style atteintes neurologiques, sensoriels, hépatiques, digestives, retard de croissance intra-utérin, enfin que des machins pour faire la fête quoi.


Bon en même temps, concernant les enfants malades, j’étais pas très friande du mouchage de nez que je ne connais pas, et les enfants ne faisaient, à l’époque, pas vraiment partie de nos vies. Des morveux, j’en croisais l’hiver dans le tram, mais je me protégeais avec mon écharpe en priant pour qu’ils passent et n’aient pas la merveilleuse idée de me tousser dessus au moment où l’on se croisait. Du coup, finalement ça m’a bien arrangée et j’évitais ainsi de devoir poupouiller des mioches. Je vous ai déjà dit que j’aimais pas les enfants avant ? (mettage de lunettes) Mais ça c’était avant…

MAIS du coup quand c’est ton deuxième, que tu t’es débrouillée comme une tanche niveau timing et que t’es de nouveau enceinte l’hiver, tu SAIS, tu en es CERTAINE,  tu vas devoir te taper les mouchages intempestifs, les éternuements à la gueule et les toux grasses qui envahissent la maison, armée de ton papier d’Arménie et de ton spray AromaForce.
Du coup, tu fais comment ? Parce que bon, tu peux pas faire comme pour la litière du chat et laisser ton mec se débrouiller avec toute la journée (hinhin), surtout si lui aussi est malade (oui ça vient toujours par groupe). Donc tu y vas, tu mouches, tu te laves les mains, tu te désinfectes sans arrêt, tes mains sont de nouveau sèches alors que tu venais à peine de sortir de ton eczéma et tu recommences pendant des jours jusqu’à ce que toi aussi tu commences à suinter du nez et à tousser en te disant que ça y est, tu l’as dans l’os et que ça ne peut pas être juste un gros rhube ce qui est en train de te faire crever à petit feu.

Ce que tu ne piges pas trop par-contre, c’est pourquoi finalement on en fait tout un pataquès dans ton pays, que tu dois également faire une prise de sang pour ça tous les mois alors que dans le pays à côté, ils ont tous l’air de s’en foutre comme de l’an 40.

3. Les résultats chiffrés…ou « oups j’ai regardé sur Docti par hasard ».

D’ailleurs parlons-en de ces prises de sang. Alors je ne sais pas si c’est moi qui devrais exiger quelque chose auprès de mon médecin mais toujours est-il que j’ai rarement eu les résultats chiffrés sous les yeux.
J’ai le souvenir qu’en France, tous mes résultats d’analyses arrivaient chez moi par courrier et je pouvais donc à loisir vérifier que mon taux de vitamine D était out of control et dans ma grande hypocondrie, paniquer à l’idée que j’avais peut-être une maladie des os de verre jamais découvertes et que j’allais me casser d’un seul coup dans mon entièreté.

En Belgique, je n’ai aucun chiffre, rien, jamais. En même temps j’ai eu une seule fois un résultat d’analyses d’un laboratoire indépendant dans ma boîte et mon médecin généraliste a dû amèrement regretter cet envoi puisqu’elle a dû m’expliquer pourquoi j’avais moins de ci et plus de ça et que non c’était pas inquiétant et que oui tu me saoules avec tes questions à la con.

Et finalement, tant mieux pour les gens comme moi qui dès qu’ils ont un chiffre commencent à paniquer s’il n’est pas dans la norme.

Ma deuxième a une petite tête apparemment, mon gynéco pour l’instant ne s’inquiète pas, pour lui c’est juste que c’est sa morphologie et à un peu plus de 6 mois de grossesse, ça peut encore évoluer.

Moi évidemment, je me ronge les sangs, les ongles, les meubles. Si j’avais eu les vrais chiffres sous le nez, je me serais certainement précipitée sur Docti pour voir que tous les bébés de gens que je ne connais pas avaient des têtes monstrueuses comparées à celle de ma fille et j’aurais pleuré toutes les larmes de mon corps en finissant de grignoter ma chaise et en ne comprenant rien à tous ces percentiles et ces courbes de croissance lambda pour des bébés qui ne le sont pas.

Parce qu’il faut pas se leurrer, j’y suis allée sur Doctissimo hein, j’ai regardé sur les forums et tout sauf que bah sans point de comparaison, j’ai rien à comparer et du coup rien pour paniquer plus que ça à part attendre la prochaine écho pour savoir si ça a évolué positivement ou pas.

En gros, la Belgique m’empêche de nourrir mon hypocondrie et pour ça, je l’en remercie quand même un peu parce que je crois que je suis déjà assez parano comme ça sans être enceinte mais alors quand je le suis, je deviens la Carrie Mathison de la grossesse.

Allons, allons, je sais bien que sur Docti, on vous a dit que c’était un cancer du colon mais vous avez juste la gastro…

4. Le vaccin contre la grippe

Ah ! Parlons-en tiens de ce vaccin. Pour ma première grossesse, j’ai eu la chance infinitésimale de tomber en pleine paranoïa de la grippe H1N1.
Je ne suis pas spécialement pour les vaccins, notamment les nouveaux qu’on sort à l’arrache. Oui je suis de ces hypocondriaques qui ont souvent plus peur de la médication que de la maladie en elle-même. Alors pour moi, il était évident que je ne le ferai pas. C’était sans compter sur tout le personnel médical qui m’a limite fait du chantage « on ne vous reçoit plus si vous n’êtes pas vaccinée« .
Vachement pratique, tiens. J’aurais peut-être dû changer de gynéco, mais à 7 mois de grossesse, j’étais légèrement dépassée par les évènements et j’ai décidé de faire confiance autant que je pouvais.

A l’instant où mon médecin a enfoncé l’aiguille dans mon bras, j’ai regretté cette décision prise sous la contrainte. Encore aujourd’hui, je ne suis pas sûre que ce vaccin n’aura jamais de conséquences sur mon enfant et ça, c’est une de mes épées de Damoclès à moi (et j’en ai tout un fourreau).
Du coup pour la deuxième, on ne m’a pas parlé de vaccin H1N1 mais de vaccin contre la « bête » grippe. Et tout comme celui d’il y a 4 ans, je n’ai pas envie. J’ai décidé d’être plus forte que mes médecins, ayant changé de gynéco depuis et celui-ci n’ayant pas trop insisté non plus, je vais sans doute ne pas le faire.
Pour le coup, je ne sais pas trop ce qu’il en est de la politique des vaccins pendant la grossesse en France mais j’imagine que c’est le même principe de précaution qu’en Belgique et le même merchandising aussi vu que ce sont les mêmes laboratoires qui officient dans les deux pays.

Donc voilà, être enceinte n’est pas spécialement de tout repos pour l’esprit. J’avoue avoir toujours admiré profondément les femmes qui arrivaient à vivre sereinement leur grossesse et qui prenaient un peu les précautions par-dessus la jambe en se gaussant et faisant la ronde habillées en toges romaines dans une prairie ensoleillée avec des jeunes biches et des chatons qui dansent sur Justin Bieber (oui je les imagine dans cet état d’esprit).

Moi je vais juste retourner à mes pieds de table que je n’ai pas fini de grignoter et choper la myxomatose. Merci.

Bon si vous n’avez plus de nouvelles d’ici quelques semaines, c’est que j’aurais aussi rongé mon ordinateur.

L’accident

19 Nov

Hier tu m’as appelée pour me dire que ça y est, on a retiré tes agrafes. Que tu dois quand même faire gaffe à la cicatrice mais qu’apparemment elle est belle et a bien cicatrisé.

Tu me dis qu’en retournant à l’hôpital, tu es retournée également sur les lieux. Tu as regardé pour essayer de comprendre ce qui s’était passé. Pour essayer de comprendre comment tout cela avait pu arriver, comme ça, pouf, d’un coup. De nouveau, tu te remets en question, tu retournes dans tous les sens les raisons, les causes, les circonstances, les conséquences. Tu t’inquiètes de nouveau de savoir si ton petit-fils en parle, s’il a été traumatisé de te voir avec du sang partout, s’il fait des cauchemars.

Je te rassure encore. Non, il n’est pas traumatisé, du moins je n’en ai pas l’impression. Quand il en parle, on le laisse s’exprimer, on lui pose des questions si on sent qu’il a besoin d’en parler plus, on répond aux siennes du mieux qu’on peut mais les tentatives se font de plus en plus rares, il commence à oublier. Non, il ne fait pas de cauchemars, pas plus qu’avant en tout cas.

Tu me parles des assurances encore, tu me lis la lettre que tu as dû rédiger concernant les circonstances. Tu y dis que ta fille enceinte et ton petit-fils ont été pris en charge à l’hôpital mais qu’heureusement, tant elle, que le bébé, que ton petit-fils n’avaient rien de grave, juste quelques bleus. Tu y racontes la pluie, la nuit, ce que tu te souviens avoir fait, la fumée qui a envahi l’habitacle, notre empressement à sortir tout le monde de la voiture et la surprise que tu as eu quand tu as vu que tu étais blessée, ton séjour hospitalier à toi, tes 7cms d’ouverture sur le crâne, l’hémorragie, l’urgence…

Je sens ton malaise et la rapidité que tu mets à vouloir passer ce passage mais la nécessité que tu y mets pour de nouveau te souvenir.

Tu me parles de la nouvelle voiture qui doit arriver à la fin de la semaine, de l’ancienne qui est détruite complètement et considérée comme épave, de ton cri poussé quand tu l’as vue chez le garagiste. Tu t’affoles à l’idée de reconduire, tu sais que tu vas devoir le faire immédiatement, comme lorsqu’on tombe de vélo, il faut immédiatement remonter en selle. On t’a prêté une voiture, une automatique, tu as du mal à t’y faire mais tu as peur que ce soit pire avec la nouvelle manuelle d’occasion qui arrive. Tu ne fais que de courts trajets.

Tu te demandes s’il y aura aussi des airbags qui s’ouvriront aussi si jamais…Si jamais…comme si tu étais persuadée que ça recommencera.

Je te dis que ça fait presque 50 ans que tu conduis. 50 ans. Sans accident. Oui des accrocs tu en as eu, mais des accidents corporels, jamais.

Et tu rumines. Tu culpabilises. Des fois, tu pousses de grands soupirs en disant « mon bébé, mon bébé… ». J’ai beau te dire que tout va bien, que nous n’avons rien eu, que oui ça aurait pu être plus grave mais que ce n’est pas le cas du tout, qu’on s’en sort bien finalement malgré le choc, la culpabilité a envahi ta vie et je ne sais pas quoi faire pour l’en chasser.

Je n’ai plus peur des dommages corporels que nous aurions pu subir. J’ai peur pour toi. Peur de te voir décliner, de te voir perdre confiance en toi. Tu me dis que tout le monde t’a toujours dit que tu conduisais bien. Tu ne comprends pas. Et dans un souffle, tu admets que peut-être que tu vieillis…

Quand j’ai peur, je suis agacée, j’ai envie que la raison de cette peur s’en aille vite vite, elle me stresse, elle m’énerve. Alors je te dis d’arrêter de ruminer, je suis maladroite, je m’agace, je m’énerve parce que je me sens impuissante face à ce monstre.

Je me dis que ça passera avec le temps, que tu reprendras petit à petit confiance en toi. Je l’espère en tout cas. Parce que non, Maman, tu n’y es pour rien. Un accident arrive toujours connement. Et aujourd’hui, tout va bien. Tu n’es pas seule. On t’a retiré tes agrafes. Tu vas peut-être enfin pouvoir avancer…

Quelques nouvelles en vrac…

12 Nov

Bonjour !

Comment vous allez ? Bien, j’espère !

Ouais je sais je me suis mise en mode mute depuis septembre, c’est pas bien, je suis toute pourrie. Bon en vrai comme vous devez genre être 10 à venir encore ici par hasard en cherchant des infos sur la législation des matelas à eau en Ouzbékistan, vous vous en foutez un peu que j’ai pas donné plus de nouvelles que ça.

MAIS pour les 10, je me dis que vous serez quand même contents d’apprendre que je vais bien, dans l’ensemble. Et j’espère que vous aussi.  Par-contre, je n’y connais rien sur les matelas à eau, désolée. Encore moins sur l’Ouzbékistan, pardon.

La raison de mon silence ? Comme je l’expliquais à des amis, être enceinte est un état qui implique une grosse introspection parfois. Et j’ai l’impression de ne penser qu’à ça et d’être un peu obnubilée. Comme à ma première grossesse, je sentais bien que ça gênait certaines personnes que j’en parle, j’ai préféré me terrer dans mon mutisme. Et puis un ami m’a dit « si tu ne parles pas de ta grossesse sur un blog de maman, je ne vois pas où tu vas en parler« .

Alors pour les news, je sais pas trop comment vous raconter ça dans l’ordre et comme j’aime le bordel, voici en vrac :

– Je suis actuellement enceinte de 6 mois, voilà il me reste 3 mois à gestationner tranquilloute pépère et la super chouette nouvelle, c’est qu’après notre râleur d’amour, nous allons avoir une râleuse d’amour et oui, elle portera le prénom de la poupée de mon enfance.

– Je vous avais parlé du diabète de grossesse qu’on avait détecté assez rapidement. Depuis le début de la grossesse, je suis donc mise au régime et je dois vérifier ma glycémie chaque jour mais j’ai heureusement échappé aux injections d’insuline pour l’instant ! C’est contraignant mais nécessaire…

– Du coup, comme je suis au régime, j’ai perdu du poids. Vous vous souvenez que pour ma première grossesse j’avais perdu 7 kilos et que je m’en vantais éhontément auprès de tous ? Eh bah là, j’en suis à 16 kilos. Voilà.
Au final, je suis contente bien sûr mais évidemment ça m’inquiète aussi même si les médecins me disent tous que j’ai de la réserve et que ma puce prend ce qu’elle a à prendre sans qu’elle souffre de ma diète forcée. Au final, je me dis aussi que c’est le moment, le déclic dont j’avais besoin pour arrêter mes conneries avec la bouffe et enfin essayer d’apprendre à manger « normalement ».

Wah c’est fort, avec un régime apparemment tu grandis aussi…Nan mais ça va en fait je suis bien avec mon mètre 77.  C’est pas obligé hein ?

– Tout ça et les discussions qui ont suivi avec une amie à ce propos m’ont fait prendre conscience de plein de choses aussi à propos de mon alimentation, de la manière dont je la gère (mal) depuis mon enfance, des raisons de mon déséquilibre alimentaire et j’essaie enfin de me prendre en main. Même si c’est dur, la motivation que ma toute petite soit bien et ne démarre pas sa vie avec un handicap m’aide beaucoup. J’espère que cette motivation sera encore présente quand elle sera née et hors de mon ventre !

– Et puis comme je suis une grosse masochiste, c’est évidemment à cette période-là que j’ai décidé de me lancer un peu plus assidûment dans le cake design et les pâtisseries. J’ai même lancé une page Facebook sur laquelle vous pouvez retrouver toutes les photos des gâteaux réalisés depuis presque 2 ans. Évidemment, je tourne un peu au ralenti et je fais en fonction des demandes des amis et de la famille pour leurs évènements et aussi en fonction de mon budget parce que mine de rien, tout ça coûte cher…A côté de ça, je suis censée être en train de suivre une formation de boulangerie-pâtisserie par correspondance mais je n’ai même pas encore eu le temps d’ouvrir mon classeur pour étudier (bravo, moi !)

...mais je peux paaaaas !

…mais je peux paaaaas !

– Je suis également partie en vacances en famille et ça nous a fait un bien fou ! On s’est offert 2 semaines en Tunisie juste nous trois fin septembre, complètement déconnectés des téléphones, d’internet. Nous n’étions jamais partis en vacances juste nous, toujours chez des amis ou la famille, ou accompagnés. Les vacances entre amis sont très chouettes mais nous voulions 2 semaines pour vivre à notre rythme, faire ce que l’on a envie de faire sans dépendre de quelqu’un d’autre, se lever, dormir quand on veut, c’était très agréable.  D’autant plus qu’avec la naissance prochaine de notre louloute, nous allons plus que probablement devoir faire des travaux chez nous et les budgets pour de futures vacances seront ric-rac. Donc, ces vacances en Tunisie étaient peut-être les dernières avant un moment !

Si à 30 ans, t'as pas de photo de tes pieds sur la plage, t'as tout raté.

Si à 30 ans, t’as pas de photo de tes pieds sur la plage, t’as tout raté.

 

Voilà donc le vrac dans ma tête actuellement, je vais essayer de donner des nouvelles plus régulièrement !

A tout bientôt, les amateurs de matelas à eau !

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