Archive | mai, 2013

Les maisons vertes, le réseau social du réel pour les jeunes parents

13 Mai

Quand mon bébé est né, j’étais et je suis encore d’ailleurs SEF (Sans Emploi Fixe). Pratique pour la garde mais pénible pour le reste.

Je n’ai donc pas eu ce magnifique congé mater’ dont toutes les mamans parlent et dont elles espèrent la fin parfois et la redoutent souvent quand elle est là.
Comme j’étais à la maison et que visiblement pour le reste du monde (surtout pour le responsable d’attribution des places en crèche de ma commune), c’était très bien comme ça, il m’a dit « Reste chez toi, pourquoi tu veux bosser d’abord hein franchement ça sert à quoi ? Occupe toi de ton gosse et comme ça, moi j’ai pas à te trouver une place dans une de mes crèches surpeuplées avec une file d’attente de 58 ans ! HAHA comment je suis TROP malin ! »

Bah oui mais sérieusement où veux-tu que je les case tous moi?

Donc, mon « congé mater » à moi a duré 18 mois. D’aucuns appelleraient même ça un congé parental. Moi j’ai appelé cette période de ma vie : l’obsolescence programmée de ma vie sociale.

Ma vie sociale commençait donc à s’étioler au 4è mois de grossesse à peu près, non pas que ça commençait à se voir, mais à partir du moment où l’annonce était faite, les gens ne me parlaient quasi plus que de ça, pas que j’embraye les discussions là-dessus mais hey une grossesse c’est tellement HUGE quand même, faut le dire…
Et forcément pour les gens qui ne sont pas parents ou qui le sont depuis très longtemps, on s’aperçoit assez vite que les discussions autour de la maternité, ça ne branche finalement que les futures mères sur Doctissimo ou entre elles autour d’un café pour les moins geeks, soyons réalistes.

Gros bond de quelques mois : me voilà maman depuis peu. Mon fils est adorable, je l’aime plus que tout, c’est une merveilleuse personne que j’ai engendré, probablement la meilleure au monde, il gazouille, fait des ronds sur lui-même, redresse admirablement sa tête, me fait les plus beaux sourires de l’univers et je me découvre dans ce rôle de maman que je ne connaissais pas, je fais des gouzi-gouzi-aga-areuh-proutbidou, je change des couches, je parle beaucoup de la pluie et de la pluie à ma progéniture sacrée, je me roule sur le tapis d’éveil, j’élabore des plans d’avenir, bref tout ceci est presque idyllique mais seulement voilà il y a un problème. Et de taille.

Je-me-fais-chier.

Booooooring...

Booooooring…

Bah oui parce que j’ai beau adoré me rouler sur diverses choses et faire parler les doudous lapins, les discussions deviennent assez vite limitées. Mes sorties sont les courses chez Match et de temps en temps le lieu de travail de mon cher et tendre. Mes ami(e)s me laissent tellement tranquilles qu’ils/elles ont apparemment effacé mon numéro de leur téléphone et oublié mon adresse. Et si par hasard, on m’appelle par erreur, on ne me parle QUE de mon bébé et de ma récente maternité. Même si je dois bien avouer que j’adore parler de mon fils, au bout d’un moment ça devient redondant.
Ma seule porte de sortie vers l’extérieur est donc le papa qui revient du boulot le soir et veut profiter de son fils tandis que moi je veux qu’il me raconte tout ce qu’il se passe dehors, là où il y a des gens, de la vie, du peuple, des échanges de salive, de microbes, d’idées, de pensées, d’insultes, de mots doux, et commence alors l’interrogatoire quotidien avec un homme prompt à oublier les 3/4 de ce qu’il s’est passé dans la journée et à ne m’en révéler que le dixième parce que « oh moi tu sais, je retiens rien« .

Oui j’en ai eu un comme ça plusieurs années de suite…

Parfois je sors l’après-midi avec des amies en congé qui me donnent l’impression de vouloir faire leur BA du mois en sortant l’espèce de zombie qui vient d’enfanter. Mais après avoir failli me faire expulser par le propriétaire d’un « restaurant » près de la Grand-Place parce que ma poussette gênait trop, je ne sais pas trop pourquoi mais je suis légèrement réticente à réitérer l’expérience.
Rassurez-vous, en guise de vengeance, j’ai, pour la peine, changé le beau caca de mon fils au su et au vu de tous sur la banquette et ai laissé la couche souillée dans une de leurs poubelles pour le souvenir.

Donc je commence à m’aigrir (et non pas à maigrir hein ça, ça se saurait !), à devenir une vraie mégère (même si soyons honnêtes, je le suis déjà un peu dans le fond).

Et là, je ne sais plus trop comment, ni par qui, ni par quoi mais mon salut est arrivé, j’ai découvert

LES MAISONS VERTES

clic clic !

Aaaaaaaaaaaaaaaah (petite musique angélique accompagnée de papillons qui font des prouts qui sentent le muguet).

Je reprends ce qu’il est écrit sur le site pour vous expliquer ce que sont les Maisons Vertes

Les Maisons Vertes accueillent les tout-petits de la naissance à 3 ans, accompagnés d’un proche : père, mère, grand-parent, gardienne… Futurs pères et futures mères sont les bienvenus.

Pour jouer, se détendre, parler, rencontrer d’autres enfants, d’autres adultes, vivre de nouvelles expériences, explorer la découverte d’être « un peu, beaucoup, tendrement, … pas du tout » loin de celui ou celle dont la nécessaire présence rassure.

Pour se préparer en douceur et à son rythme à l’entrée en crèche, à l’école et dans la société des petits et des grands.

Il y en a 6 sur Bruxelles un peu dispatchées partout, de telle sorte que tous les bruxellois sont censés en avoir une pas trop loin de chez eux.

Voilà, les Maisons Vertes, c’est formidable parce que mon fils a pu voir qu’il n’était pas le seul enfant au monde de son âge, qu’il s’est habitué aux autres enfants avant qu’enfin on n’accède au St-Graal et qu’on ait pu obtenir une place en crèche, que moi j’ai pu discuter avec des adultes d’autres choses que de la maternité (même si ça en faisait également partie bien sûr), que j’ai pu avoir une solution via une autre maman pour obtenir une place en crèche plus rapidement, que j’ai retrouvé tout doucement une vie sociale. Bref, ça m’a vraiment beaucoup aidée pour mon retour dans le monde normal !

Donc Papa ou Maman au foyer, coincé(e) entre deux couches et deux tétées, n’hésitez pas, les Maisons Vertes sont faites pour vous et vos enfants et ça peut vous sortir la tête hors du lait de croissance.

Et courage à tous ceux qui tournent en rond en attendant une place en crèche !

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