Le teeeeeeerribeuuuuul twoooooooooo (tintintiiiiiiiiin)

19 Oct

Lui, il a dû en faire voir de toutes les couleurs à ses parents

Le « terrible two », ce passage obligatoire pour tous les parents, cette affirmation de soi, ce refus de l’autorité, ces caprices en public, ces « non » systématiques, bref ce moment douloureux qui arrive entre 18 mois et 18 ans (oui parce que quand t’es dedans t’as l’impression que ça va durer longtemps).

Nous évidemment on est en plein dedans. Alors les pédopsychiatres te disent « allez t’inquiète ça va passer, faut juste prendre son mal en patience, vaut mieux qu’il s’affirme maintenant comme ça ce sera moins violent à l’adolescence » (rire gras) (oui les pédopsychiatres parlent comme ça et ils rient gras).

Alors le petit, il s’affirme. Et bien comme il faut. En général, en public, c’est mieux aussi. Et ça donne des situations comme ça :

Hier, j’emmène ma progéniture faire les courses avec moi parce que je sais qu’il adore se mettre dans le caddie et m’aide à mettre les produits dedans comme une grande course de relais fromages, ça l’éclate. En général, les courses se passent donc toujours bien jusqu’à…jusqu’à ce moment fatidique où Monsieur en a marre et veut faire autre chose.

Cet autre chose s’accompagne en général de cavales non autorisées dans le magasin et de choix complètement anarchiques de tout ce qu’il veut acheter/avoir agrémentés de petits cris hystériques « moi je voudrais ça, moi je voudrais ça, des céréales !!! je veux ça !!! et ça et ça !!!« . Le tout enrobé d’une désobéissance crasse parsemée de pleurs et de chouinements voire de cris quand c’est un jour sans. Dans notre chance, il ne nous a encore jamais fait de roulage par terre dans un lieu public…

Le lion en cage, ça va. Une fois libéré, c’est un bain de caca.

Me voilà donc à faire mes gros yeux, à menacer, à prendre par les sentiments, à faire du chantage, à négocier, bref tout ce qu’il ne faut pas faire selon les pédopsychiatres mais hey je suis une être humaine, merde !

Et à l’ultime menace face à un bébé révolté de tant d’injustices dans ce monde, je vois que mon fils sourit à quelque chose (quelqu’un ?) près de moi, je tourne la tête et je vois…une petite mamy qui nous observe. Depuis quand ? Aucune idée, elle est juste là, elle ne bouge pas, limite je me suis demandée si elle n’avait pas fait une attaque entre la rangée de caddies et la porte automatique.

Sur ses lèvres se dessine un sourire malicieux, un peu moqueur en regardant mon fils. Et du haut de mon presque mètre 80, je la toise genre « fais gaffe j’ai plus de dents que toi si tu émets le moindre avis sur ma manière de faire« . Et là, surprise de voir que je l’ai grillée, elle se confond en excuses en reculant et me dit « oh excusez-moi, c’est parce que je suis nostalgique de voir ça, ça m’émeut ! » et de la voir s’enfuir à toute vitesse, comme si elle avait une urgente partie de Bingo.

Et je suis restée là avec mon autorité à deux balles, mon fils qui ne savait plus trop quoi faire du coup, s’il devait pleurer ou obéir et avec l’étrange sentiment qu’en deux secondes, elle m’a mis une énorme claque de réalité dans la face. Comment une telle période de pleurs et de colères peut manquer à quelqu’un ? Comment on peut être nostalgique des batailles perpétuelles avec un gamin sur tout ? Comment être émue de voir un blondinet te donner la traduction du mot « caprice » en 36 langues et de 51 façons ?

A moins d’être terriblement seule, sans doute.

Alors peut-être qu’un jour, moi aussi je serai hyper nostalgique de tout ça et je pleurerai de fierté en repensant aux moments où il me filait la honte intersidérale devant les amis et la famille pendant l’anniversaire de Tonton Roger, où j’ai failli aller en tôle à Stockholm parce que j’ai menacé de lui coller une fessée cul nu devant tout le monde, de sa transformation en nem de poussière à force de se rouler dans tous les sens (je suis sûre qu’il me fera tout ça, c’est pas encore fini). Peut-être que ça me manquera parce que j’aime mon fils et qu’avec le temps, la douleur et les souvenirs s’effacent…

Mais en attendant je crois que si je n’avais pas été chargée comme un baudet, je lui aurais couru après pour lui filer le lion quelques heures, 24 ou 872 heures tout au plus.

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